Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 15:39

Face à une situation budgétaire tendue et une dette importante, les gouvernements sont sous pression.

En France, la charge de la dette est devenue le second poste de dépense de l’Etat : un peu de plus de 45 milliards d’euros par an versés aux détenteurs d’obligations d’Etat, majoritairement étrangers.

 

La France a pris des engagements de réduction des déficits auprès de la Commission européenne. Le gouvernement veut ramener le déficit à 3% du PIB en 2013 et vise l'équilibre en 2016. Alors que la croissance économique sera très faible en 2012, ces engagements vont probablement affaiblir encore plus une économie déjà atone. Le gouvernement prétend que les dépenses de l'Etat sont trop importantes, que "l'Etat est trop lourd".

 

 

Un Etat trop lourd?
Les dépenses de l’Etat (masse salariale et dépenses de fonctionnement) sont moins importantes en France que dans de nombreux autres pays. Qu’on en juge : en 2010, elles représentaient 19,1% du PIB en 2010, contre 20% aux Etats-Unis, 25,3% au Royaume-Uni, 23,8% en Suède etc. L’Etat trop lourd en France, c’est une fable !
A cet argument, les partisans de la purge vous répondront que l’ensemble des dépenses publiques représentait 53,8% du PIB en 2008 et que c’est beaucoup trop. Et mettent en cause le poids des dépenses de protection sociale, qui ont effectivement progressé rapidement (25,9% du PIB en 2009).

Certains "experts" proposent donc de réserver la Sécurité sociale à ceux qui en ont le plus besoin. Les plus aisés prendraient une assurance privée. La France ferait donc le chemin inverse de celui des Etats-Unis.


Ce serait une vraie fracture dans le pacte social. De plus, les pays qui ont "sorti" les dépenses de protection sociale de leurs comptes publics ne s’en portent pas mieux : leurs indicateurs de santé sont en général plus mauvais, les assurés paient des assurances élevées etc. Privatiser la Sécurité sociale coûterait cher aux salariés et retraités. En Allemagne, les retraites versées par les caisses publiques pèsent 9,44% du PIB contre 11,54% en France. La différence ? Ce sont des retraites d’entreprises et des fonds de pension. Est-ce un exemple à suivre alors que dans le monde on ne compte plus les retraités qui ont vu fondre leur retraite par capitalisation ? 

 

 

Recettes : sujet tabou
La vague néolibérale des années 70 et 80 a importé un poison qui continue à faire des dégâts : celui de l’abaissement quasi obsessionnel des impôts. Aux Etats-Unis, c’est une tradition bien ancrée, surtout à droite. La bataille politique récente du Tea Party contre tout relèvement des impôts le prouve. En Europe, la droite en a fait un argument électoral mais la gauche y a parfois cédé.

 

Toujours est-il qu’entre 2000 et 2009, en France, l’Etat a perdu près de 120 milliards de recettes. Cela représente un peu plus de 15 milliards par an. C’est le rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale qui le dit…
Entre 1999 et 2008, l’Etat a renoncé à 82 milliards de recettes… par an. Aux cadeaux fiscaux faits aux ménages (dont 40% sont allés aux 10% les plus favorisés), il faut ajouter ceux accordés aux entreprises, dont la désormais fameuse "niche Copé" qui exonère d’impôt sur les sociétés les plus-values encaissées par holdings en cas de vente de leurs filiales. Selon les estimations, le manque à gagner va de 3 à 7 milliards par an.


Pendant que le gouvernement désorganise les services publics avec une RGPP aveugle, il jette l’argent public par les fenêtres, au profit de ceux qui n’en ont pas besoin et de grandes entreprises qui sont devenues les championnes de "l’optimisation fiscale".

 

 

La "faillite" de l'Etat est un slogan politique permettant de mieux faire passer les projets d'austérité. Le gouvernement français ne veut pas avouer qu'il a appauvri l'Etat en se privant de recettes. Aujourd'hui, il fait les fonds de tiroir tout en ne voulant pas revenir sur des promesses de campagne dispendieuses qui se font au détriment de l'emploi. Les taxes s'accumulent pour parer au plus pressé et frappent en premier lieu les plus modestes.

 

Il est temps de changer de politique et de revenir à un impôt plus juste, un budget cohérent et clair, et une politique de relance de l'économie par l'aide à la consommation: le "new deal" de Roosevelt était basé dessus !

 

D'après l'UNSA Education nationale

Pour l'UNSa Education de l'Yonne,

Pier-Cyril Chevalley

Par Pier-Cyril Chevalley - Publié dans : L'Unsa Education de l'Yonne
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