Partager l'article ! Jeudi 15 décembre à Auxerre : un rendez-vous réussi: Nous étions près d’une centaine de collègues à manifester devant l’inspection aca ...
Nous étions près d’une centaine de collègues à manifester devant l’inspection académique d’Auxerre, Bd Gallieni. Une ambiance chaleureuse pour un temps qui l’était bien moins. Nous avons pu expliquer à la presse notre opposition à la réforme de l’évaluation des enseignants, mais aussi rappeler notre condamnation des suppressions de postes, de la dégradation des conditions de travail des élèves comme des enseignants et l’autisme du gouvernement.
Rappelons que pour ce projet de changement des modalités d’évaluations des personnels enseignants, aucune concertation n’a été faite, le seul impératif du gouvernement étant de réduire les dépenses, ce qui amène donc le gel des promotions, notre seul critère d’avancement sera l’ancienneté jusqu’en 2015.
Plus grave, seul le chef d’établissement ou l’IEN pour le premier degré, notera l’enseignant après un entretien une fois tous les trois ans, où il pourra accorder (chichement car le quota est limité) deux ou cinq mois d’avancement sur l’ancienneté.
Et que se dira-t-il dans ce bureau, puisque le chef d’établissement souvent n’a pas de compétence dans la matière du professeur qu’il évalue ? En quoi vous contribuez au « rayonnement » de l’établissement ? Jusqu’où êtes vous prêt à vous investir ? Imaginez alors toutes les pressions, les arrangements, les soumissions qui en découleraient ?
Est-ce vraiment une bonne affaire pour les chefs d’établissements, déjà accablés de travail ? Comment vont-ils gérer une équipe, dès lors qu’ils seront transformés en chefs d’entreprises, voire en surveillants de profs ?
Et quid des inspecteurs ? L’UNSA Education reçue en délégation avec les autres syndicats par Mme Dominique FIS, notre nouvelle inspectrice d’académie, a rappelé son opposition à ce projet et souligné le caractère partial et mesquin de ce projet de loi. L’UNSA Education a demandé des précisions pour l’avenir du corps des inspecteurs à l’IA. Mme Fis a répondu que les inspecteurs conserveraient d’autres fonctions, sans préciser lesquelles. Eh bien précisons : remplacer les rares formateurs IUFM qui restent, contribuer à une trop courte formation/conseil des jeunes collègues, fédérer des projets (lesquels ? il n’y aura bientôt plus de fonds pour cela). Et quel sera leur poids puisqu’il ne pourront plus inspecter ?
Et au fond, à quoi bon faire Master 2 (bac+5) si notre compétence n’est plus évaluée. Et puis, en cas d’absence, les chefs d’établissement recrutent bien des remplaçants à pôle emploi, sans forcément les diplômes ad hoc… Donc, ne plus être inspecté, c’est bien le signe que de là haut, au gouvernement, il n’y a pas nécessité d’avoir un enseignement de qualité fait par des enseignants qualifiés, formés et contrôlés au long de leur carrière. De là, pas besoin de payer plus les enseignants consciencieux et effectuant bien leur travail. La quantité peut bien remplacer la qualité…
Alors, réfléchissez bien, cette nouvelle année va être riche de problèmes et de questions à se poser…
Pour l’UNSA Education de l’Yonne,
Pier-Cyril Chevalley